Ressortez vos tourne-disques, le vinyle revient en force !

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Délaissé à l’orée des années nonante au profit du compact-disc, la galette noire, creusée d’un sillon, fait son grand retour. Mange-disque, pick-up, et autre platine sont à nouveau en tête de gondole dans les magasins. Et l’on s’en réjouit !

267 000 trente-trois tours vendus en Belgique en 2016. Un chiffre significatif quand on sait que cinq ans plus tôt, il s’en vendait seulement 63 000...

C’est certain, acheter de la musique en magasin a son charme. Et les consommateurs plus âgés sont rejoints depuis plusieurs saisons par une jeunesse sensible aux produits vintage, à la qualité sonore du disque vinyle mais aussi à son esthétique : notes de pochettes, photos, crédits, etc.

Né aux Etats-Unis, entre les deux guerres, le disque microsillon, appelé aussi vinyle, rencontre le succès dans les années 40, lorsque les tourne-disques modernes deviennent électriques.

L’arrivée du CD et du CD-Rom fin des années quatre-vingt, lancés par des maisons de disques peu scrupuleuses entraîne la chute du vinyle. Les usines font faillite, et bien que les puristes militent pour sa survie, le CD semble avoir gagné la partie, vendu comme un objet incassable, inusable et éternel...

Le premier CD nait en 1982 près de Hanovre, dans l’usine Philips de Lagenhaven. Le monde de la musique semble alors soulagé de se débarrasser du 33 tours qui se raye, et que l’on doit tourner à chaque fin de face sur la platine. Mais la réalité est plus insidieuse : la perspective de vendre un catalogue déjà disponible sur vinyle sur un nouveau support... En voilà une affaire juteuse !

La promesse d’éternité du CD est - on s’en rend vite compte - mensongère. Cela n’empêche pas des millions d’amateurs de consommer cette galette en plastique qui transforme les soirées en discothèque. Les 33 et 45 tours se retrouvent alors sur les étals des brocantes.

Dans les années 2000 apparait la musique disponible en téléchargement sur internet. Souvent très peu chère, voire gratuite, le public ne voit plus l’intérêt d’investir dans le compact-disc, dont le prix ne baisse pas et qui plus est encombrant.

Les MP3 et autres iPods voient le jour. Ils détrônent le Walkman et le Discman, laissant le CD sur la touche.

Aujourd’hui, nombreuses sont les plateformes où la musique est disponible en illimité et à moindre coût. La jeune génération ne voit pas l’intérêt d’entasser et écoute une quantité considérable de musique en boucle sur son smartphone.

Les passionnés, plus pointus, sont d’un autre avis. Ils aiment posséder la musique, et le disque leur permet de la toucher, de l’avoir en main.

Les amoureux des jolies pochettes organisent alors une résistance, et en 2009, le label Music On Vinyl réédite des albums "culte" en format 33 tours.

L’initiative séduit, mais les disques sont chers. Peu importe, par amour on fait de grandes choses. On assiste dès lors à la réouverture des usines, et les magasins culturels font de la place dans leurs rayons pour y accueillir... le 33 tours !

Les anciens retrouvent les sons qui ont bercé leur adolescence et les jeunes découvrent les plaisirs d’un bon vinyle.

Le CD occupe aujourd’hui une part de marché amoindrie : 4.4 millions d’exemplaires vendus en Belgique en 2016, et décline de 10% par an. Le vinyle est encore loin dans la course mais progresse de 36% par an...

Aujourd’hui présenté comme un produit de luxe, souvent édité en édition limitée, le vinyle n’est plus un objet obsolète, mais bien un produit branché.