Rencontre avec une « cuisinothérapeute »

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- Qui êtes-vous Amandine Poli ?

Une femme de 31 ans, d’origine française, petite fille d’un restaurateur étoilé, cavalière de jumping passionnée et courant les terrains de concours le plus souvent possible !

Durant mon adolescence, j’ai suivi une formation agricole (lieux Vosges bac pro CGEA), laquelle m’a donné la chance d’apprendre à écouter et travailler la terre qui a tant de secrets à nous livrer. J’ai bénéficié lors de mes études de l’enseignement de professeurs passionnants et très respectueux de la nature.

Afin de m’enraciner encore davantage dans ce domaine, j’ai observé le travail de mon cousin Pierre Overnois, précurseur dans la vinification de vin bio à Pupillin (Jura). Cette approche empirique m’a conduite tout naturellement à m’intéresser aux médecines douces et à poursuivre ma formation au sein de l’Ecole de santé holistique du Docteur Eric Bach. J’y ai acquis mes connaissances sur le fonctionnement du corps et l’aromathérapie.

- Vous vous définissez comme « cuisinothérapeute ». En quoi consiste votre concept ? S’inscrit-il dans une démarche holistique de bien-être ?

Ma philosophie consiste à appréhender l’origine des maux plutôt que leurs symptômes. Depuis la nuit des temps, les Chinois, ou les Indiens, ont pour principe de rétablir la forme physique, morale et spirituelle par le biais de l’alimentation. Nous connaissons tous les bienfaits de la cuisine crétoise.

L’idée conventionnelle de « régime » implique des restrictions et un manque de plaisir ; je lui préfère donc l’esprit d’une rééducation alimentaire personnalisée. Ma « cuisinothérapie » incite, à travers des recettes simples, ludiques et créatives, à reprendre le contact avec la nature et à rétablir un équilibre au sein de notre vie. Ma mission consiste à guider, suggérer de consommer des fruits et légumes de saisons et locaux pour une meilleure assimilation, une meilleur qualité gustative tout en respectant le principe de base fondamental d’équilibre acido-basique, lequel influence toute notre santé digestive, et intestinale en particulier.

Concrètement, je propose à ceux qui viennent me consulter de faire un petit tour du coté de leur cuisine familiale pour corriger les mauvaises habitudes, je les accompagne dans leurs achats de produits bio, partage avec eux mes bonnes adresses et leur suggère quelques idées de recettes ! Qu’ils souhaitent perdre quelques kilos, ou « simplement » retrouver la forme en passant par une cure detox, je les soutiens dans leur démarche.

- Qu’est-ce qui vous a amenée à exercer cette profession ?

Je suis coeliaque depuis de nombreuses années mais ma maladie n’a été diagnostiquée qu’à l’aube de mes 30 ans, après plusieurs visites à l’hôpital d’où je ressortais avec des prescriptions de médicaments contre la gastroentérite ! Quand enfin un médecin a décelé dans mes analyses une grave intolérance au gluten, j’ai consulté une diététicienne convaincue qu’il s’agissait de symptômes psychosomatiques !

Tout ça pour vous dire qu’il est difficile de comprendre cette maladie, laquelle exige pourtant une attention constante durant les premiers mois qui suivent le diagnostic : j’ai alors lu tous les livres qui pouvaient m’aider dans ce cheminement. Aujourd’hui, je considère d’ailleurs « L’alimentation ou la 3ème médecine » du Dr J. Seignalet comme une Bible ! Mes connaissances s’élargissant, j’ai eu tout d’abord l’idée d’aider ceux qui seraient confrontés, tout comme moi, au vide thérapeutique face à la maladie coeliaque.

Ensuite, j’ai élargi mon modèle, avec l’idéal de conscientiser mes « clients » par rapport à leur monde intérieur et aux messages qu’il nous envoie, même si ceux-ci ne font pas l’affaire des lobbyistes du monde agro-alimentaire ! Parallèlement, je suivais des cours de naturopathie qui m’ont aidée à donner forme à mon concept.

- A qui s’adresse la « cuisinothérapie » ?

Le concept s’adresse à tous ceux qui sont soucieux de leur bien-être, qu’il s’agisse seulement de perdre un peu de poids, sans effet de yoyo, ou de détoxifier l’organisme en profondeur ! Aux mamans également, responsabilisées par rapport à la santé de leurs enfants et qui veulent leur donner l’impulsion de s’en préoccuper eux-mêmes, à la veille de quitter leur nid...

- Quel est votre meilleur souvenir en tant que thérapeute ?

La première famille qui m’a consultée ! J’ai vidé tous les placards de chips, éliminé le lait de vache, tout remplacé par des oléagineux et des laits végétaux ! Vous auriez du voir la tête du papa, à la fois ravi et très inquiet. Parents et enfants ont réappris, ensemble, à cuisiner simplement, à choisir des aliments en fonction de leur qualité nutritionnelle. Aujourd’hui, quand les « ados » préparent un plat, ils associent légumes et poisson en papillotes agrémentés d’épices marocaines !

- Quels sont vos projets dans ce domaine ?

J’aimerais développer la réalisation d’huiles corporelles personnalisées, toujours dans l’idée d’un bien-être général, d’une harmonie entre le corps et l’esprit. J’ai également l’intention de créer un module de cours qui reprendrait l’idée d’une cuisine « aromathérapeutique ». Et pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable en proposant de belles dégustations de vins biodynamiques, source d’antioxydants ? A condition de ne pas dépasser un, voire deux, verre par jour...

P.-S.

Pour en savoir plus :

Amandine Poli, « cuisinothérapeute » : 00.32.493.19.21.53