« Ma fille refuse que je voie mes petits-enfants »

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« Je me suis toujours beaucoup impliquée en tant que grand-mère : je vais chercher mes petits-enfants à l’école plusieurs fois par semaine, je leur prépare leur goûter, je m’occupe d’eux le mercredi après-midi…

Suite à une dispute avec ma fille, nos relations se sont détériorées. Mais nous avons fait en sorte que ces différends ne déteignent pas sur les petits.

Ma fille s’est récemment remariée. Depuis lors, elle refuse que je voie mes petits-enfants.

Que puis-je faire ? »

Jeanine M., 65 ans, Bruxelles.

Régler le problème en famille

Avant d’entamer une procédure en justice, il serait plus sage d’essayer de régler le problème en famille : une discussion à cœur ouvert peut en effet régler bien des problèmes.

Recourir à un médiateur familial

La médiation familiale peut elle aussi dénouer nombre de situations. Il s’agit d’une procédure amiable et confidentielle. La mission du médiateur, qui n’est ni juge ni avocat, est d’aider les parties à trouver ensemble une solution qui leur convienne.

Si le médiateur est agréé (le médiateur agréé est spécialement formé et remplit des conditions spécifiques, qui garantissent sa qualité), l’accord qui sera intervenu pourra être « validé » par un juge.

Aller en justice

En dernier recours, il est possible d’introduire une action en justice. La loi prévoit en effet que les grands-parents ont le droit d’entretenir ce que l’on appelle des « relations personnelles » (il s’agit d’une sorte de droit de visite) avec leurs petits-enfants. Aucune précision n’est faite quant à la fréquence ou la durée de ces visites.

Le droit des grands-parents

Le juge n’accordera un « droit aux relations personnelles » aux grands-parents que si les petits-enfants y ont un intérêt. Il s’agit donc moins d’un droit DES grands parents que d’un droit AUX grands-parents dont disposent les petits-enfants.

Le bien de l’enfant

L’argumentation des avocats ainsi que la décision du juge tourneront uniquement autour des enfants. Le cœur du débat est le bien des plus petits. La question à se poser est la suivante : les petits-enfants tireront-ils un bénéfice de cette relation ?

Si la réponse est oui, le juge tranchera en faveur des grands-parents. Le cas de Jeanine semble entrer dans cette catégorie.

Si la réponse est non, le juge n’accordera pas de « droit aux relations personnelles » aux grands-parents. Ce sera le cas par exemple des grands-parents qui ont été totalement absents de la vie de leurs petits-enfants, ou encore des grands-parents « toxiques », qui ne peuvent s’empêcher de critiquer continuellement les parents de leurs petits-enfants…

En pratique

Si vous êtes décidé à entamer une procédure en justice, tournez-vous vers un avocat, de préférence spécialisé dans les matières familiales.

Vos revenus sont limités ? Renseignez-vous auprès du Bureau d’Aide Juridique. Certaines personnes, comme par exemple celles qui reçoivent la Grapa, peuvent en effet bénéficier de l’intervention gratuite d’un avocat.

Dans tous les cas, gardez bien en tête que vos petits-enfants n’ont pas demandé à être au cœur de vos conflits familiaux. Quoi que vous décidiez, c’est leur bonheur que vous devez avoir à l’esprit.