Les jeunes pensionnés travailleraient volontiers plus longtemps

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Dire adieu à son activité professionnelle peut être au choix : une libération, une épreuve voire un traumatisme. Souvent considéré comme un pilier de l’identité, l’emploi pour lequel on a longtemps été rémunéré prend souvent une dimension insoupçonnée à l’heure de la retraite. Aussi, lorsque le départ est précipité, alors qu’on se sent soi-même encore "utile" à l’entreprise, il peut être mal vécu.


Solidaris-RTL-Le Soir a réalisé une enquête auprès d’un échantillon de 636 personnes en retraite depuis moins de cinq ans. Elle se concentre sur le déroulement de leurs dernières années de vie active, leur ressenti sur le passage de la vie active au statut de pensionné(e), la manière dont ils envisagent leur futur, leur rapport aux nouvelles technologies, à la politique ou encore leur rapport à la santé physique et psychique.

L’une des principales révélations de cette enquête réside dans le fait que 50% des jeunes pensionnés estiment qu’ils partent trop tôt en (pré)retraite, et ils sont 56% à avancer qu’ils aimeraient choisir eux-mêmes leur âge de départ.

Passer de la vie professionnelle à la retraite est une transition importante et souvent complexe dans la vie de quelqu’un. Les sociologues affirment que ce sont des « moments critiques » de l’existence car ils suscitent un retour réflexif, et ils sont particulièrement propices au renouvellement du récit de soi ».

L’âge moyen du départ en retraite se situe à 59,6 ans pour les hommes et à 58,7 ans pour les femmes belges . Pourtant, ils sont nombreux à affirmer qu’ils auraient volontiers quitté leur entreprise plus tard. En effet, un jeune retraité sur deux estime qu’il a dû prendre sa retraite ou préretraite trop jeune et qu’il aurait été tout à fait capable de continuer à travailler.

L’enquête va plus loin en posant cette question : « au moment de votre départ en retraite, combien d’années auriez-vous été prêt(e) à ajouter à votre carrière ? ». La majorité des personnes interrogées a répondu deux à trois ans de plus, dès lors qu’il y ait un aménagement des conditions de fin de carrière au sein de leur entreprise. En effet, les jeunes retraités estiment qu’un certain nombre de facteurs deviennent difficiles à gérer en fin de parcours, notamment le stress. Ils aimeraient alors un aménagement de leurs conditions de fin de carrière, travailler à mi-temps par exemple.

On comprend maintenant pourquoi le passage de la vie active à un « repos bien mérité » n’est souvent qu’un leurre, et que la retraite est finalement tout aussi active que la vie d’avant. En effet, les jeunes pensionnés, qui auraient bien travaillé plus longtemps, refusent de se laisser aller et trouvent de nombreux moyens pour rester occupés. Du babysitting au jardinage en passant par la rénovation de leur maison, les jeunes retraités ne s’ennuient pas.