Les chiens détectent le cancer de la prostate

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Une étude italienne a utilisé deux chiens formés pour détecter le cancer de la prostate dans des échantillons d’urine. Les résultats sont prometteurs avec une précision de 90%.

Si le fait n’est pas nouveau, il s’agit pourtant de la première expérience portant sur un aussi vaste échantillon de volontaires et aboutissant à d’aussi bons résultats. Une équipe de chercheurs italiens a présenté les conclusions de son étude à l’occasion du congrès annuel de l’Association américaine d’urologie qui s’est tenu à Orlando (Etats-Unis), du 16 au 21 mai 2014 et a été publiée dans l’édition du Journal of Urology du 10 avril 2015.

Les scientifiques ont travaillé avec deux chiennes, âgées de 3 ans, formées à être renifleurs d’explosifs. Grâce à leur flair, ces animaux possèdent au moins dix fois plus de récepteurs olfactifs que les humains.

Les chiennes ont été entraînées durant près de 5 mois à identifier les composés organiques volatils spécifiques au cancer de la prostate et présents dans des échantillons d’urine. Ils ont ensuite dû tester les échantillons d’urine de 362 patients atteints d’un cancer de la prostate à différents stades (d’un risque faible à un niveau métastatique) tous diagnostiqués, ainsi que ceux d’un groupe témoin de 540 personnes saines (dont 418 hommes et 122 femmes).

Les résultats montrent que l’une des chiennes a correctement identifié 100% des échantillons des participants ayant un cancer de la prostate, tandis que l’autre obtenait un taux de résultat de 98,6%. L’analyse des faux positifs a révélé que la première chienne avait identifié par erreur entre 1 et 4% des échantillons des participants sains du second groupe comme cancer de la prostate.

Le système olfactif d’un chien entraîné peut aboutir à une détection des composés organiques volatils du cancer de la prostate, concluent les chercheurs. De nouvelles études s’avèrent toutefois nécessaires et cette expérience ne serait pas concluante pour un test de détection à grande échelle.

Le flair du chien a déjà servi dans des expériences similaires. En 2010, une équipe de l’hôpital Tenon en France a rapporté une sensibilité et une spécificité de 91% pour la détection du cancer de la prostate en utilisant un berger malinois de l’Armée française. L’animal avait été spécialement dressé dans le cadre de cette expérience scientifique.

L’odorat canin s’est aussi révélé efficace pour détecter des cancers de la vessie, de la prostate, du poumon, et, plus récemment, de la thyroïde.

La méthode de diagnostic a également fait ses preuves pour des tumeurs affectant les voies aériennes par des chiens entrainés et capables de déceler la présence de tumeurs cancéreuses dans l’haleine de patients atteints d’un cancer du poumon.

Source : AFP/Relaxnews