Léopold, 63 ans, « A l’école des devoirs j’ai construit mon environnement affectif »

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Léopold a 51 ans quand il se retrouve pensionné de l’armée. Le militaire vit mal sa oisiveté, car ses enfants sont encore à l’école secondaire, et son épouse a toujours son emploi d’éducatrice. Il se lance dans de multiples activités, dont l’école des devoirs. Pas toujours évident !

D’activité en activité

« J’ai 63 ans et je suis retraité depuis presque 10 ans. A ma retraite, j’ai cherché de quoi m’occuper. J’ai fait vendeur, je me suis porté volontaire dans un camp bosniaque... »

En 1998, son épouse décède d’un cancer. Depuis, Léopold vit seul. Il ne perd pas le goût de la découverte pour autant. Il s’inscrit à des cours d’espagnol à la cité du 3ème âge à Namur, deux fois par semaine.

Et un jour, c’était en 2003, Léopold voit une petite annonce dans la classe d’espagnol : « recherche personnel pour école des devoirs. » Pour lui, c’est un signe : « Je m’estimais encore non seulement capable d’être utile mais aussi désireux de l’être. »

L’école des devoirs

Léopold se lance et contacte la responsable de l’école des devoirs, dans la Province de Namur. « J’ai eu un rendez-vous avec des gens très sympathiques, c’était très gai. On m’a proposé d’aller à l’école et d’essayer. Je suis tout de suite rentré dans le bain. »

La responsable l’invite à revenir au rythme d’une fois par semaine, une après-midi, de quatre à cinq heures. « Les enfants reçoivent un petit gouter et puis discutent avec l’animatrice de leur journée, ce qu’ils ont aimé… ». Et puis c’est Léopold qui s’en occupe. Il prend place dans la salle d’études et se tient à disposition de leurs questions. « Je voyais que ça marchait et que les enfants m’appréciaient. »

Problème de santé dépassé

En 2007, le militaire retraité connaît de graves problèmes de santé. Il fait une hémorragie cérébrale, et doit abandonner son activité à l’EDD. « Je n’étais plus capable, je me suis retrouvé handicapé physiquement et psychologiquement. »

En décembre 2009, le moral lui revient. « Je me suis dit : « Léopold, si tu reprenais tes anciennes activités. » Je suis allé voir mon prof d’espagnol qui m’a dit que je pouvais revenir. » Et puis un jour, il prend le bus et entend une jeune maman qui parle de l’école des devoirs. « J’ai recontacté l’organisatrice de mon ancienne école. Elle m’a orienté vers une autre où il n’y avait aucun bénévole. »

Retour à l’école

Léopold retrouve facilement ses repères, et s’attache rapidement à cette nouvelle école. « Après une semaine ou deux, on m’a dit « les enfants t’aiment bien, Léopold », sous-entendu : « tu peux revenir et rester ». Je sentais aussi que ça allait bien. »

L’ancien militaire s’y rend encore chaque semaine. « Je travaille sans consigne, je fais juste à ma mode. Je suis handicapé du point de vue mobilité, je me déplace avec une canne. Je reste toujours à ma table, j’ai ma place que les enfants connaissent. En principe, ce sont surtout des enfants de l’école primaire. »

Aller de l’avant

Léopold s’est reconstitué une véritable famille. « Les enfants m’apprécient, ils viennent me voir quand ils le souhaitent. Souvent ils m’apportent des dessins pour compléter ma farde qui n’est réservée qu’à ça. » Et pour Léopold pas question de nostalgie : « La vie est devant moi. Je regarde au jour le jour. J’ai encore un quart de siècle à vivre ! Je suis tout heureux d’être occupé du lundi au vendredi. Mais heureusement, j’ai tout le week-end pour me reposer, faire de la kiné et de l’aquagym !