Le vin de glace, vous connaissez ?

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Le vin de glace reste un spécimen rare dans nos contrées européennes, mais en Amérique du Nord, et particulièrement au Canada, il trône parmi les classiques. Ce vin, d’une grande teneur en sucre, est élaboré en fonction d’une vinification bien particulière : ce sont les raisins gelés qui sont pressés. Pas étonnant que cela marche bien en Ontario : le climat le permet ! Voici la petite histoire de ce vin rare... Et qui sait, peut-être cela vous donnera-t-il l’envie d’y goûter ?

Né par hasard

Le vin de glace n’a pas vu le jour par la volonté d’un vigneron de mettre en place une telle originalité. Le procédé est né un peu suite à des conditions climatiques de septembre peu clémentes pour la vigne.

C’est en Allemagne et en Autriche que tout a commencé. Alors que les vignes étaient gelées lors des vendanges, les vignerons n’ont pas eu d’autre choix que de presser leurs raisins glacés pour en faire du vin. C’est alors qu’ils ont remarqué la spécificité du vin de glace : sa concentration en sucre.

Depuis ces premiers essais, de l’eau a coulé sous les ponts. Ce n’est que récemment que les producteurs canadiens ont commencé à l’exporter comme un vin à part entière. En 2004 seulement, les différents pays producteurs que sont le Canada, l’Allemagne, l’Autriche, le Luxembourg et la France, ont signé un accord pour uniformiser leur processus de vinification.

Des vendanges de nuit !

Pas évident d’être vendangeur de vin de glace : la récolte doit se faire de nuit, lorsque la température tombe précisément entre -6°C et -12°C ! S’il fait plus chaud, les grappes ne gèlent pas suffisamment ; s’il fait plus froid, il est impossible de presser les baies, trop gelées. Et ces conditions sont généralement réunies... la nuit ! Pas évident pour les vendangeurs, mais également pour le propriétaire du domaine.

Produire du vin de glace est un luxe : le coût des vendanges la nuit et dans le froid est très élevé, d’autant plus que ces vendanges tardives font perdre une grande quantité de jus aux grappes de raisin. Par ailleurs, les surfaces à vendanger pour le vin de glace sur un domaine ne peuvent être très étendues : elles doivent être ratissées en quelques heures !

Le vin de glace est donc un nectar de rareté et de dur labeur, ce qui explique son prix, qui côtoie plus l’échelle des prix des apéritifs que des vins classiques.

Au Canada et en Europe

Comme le vin de glace nécessite un climat particulièrement rude avec des gelées précoces, toutes les régions viticoles ne peuvent s’adonner à la production de ce nectar.

La région où il est cependant produit en Europe va de l’Alsace vers l’Autriche, notamment le long de la Moselle, la Sarre et le Rheingau. Les cépages qui sont utilisés dans la production de vin de glace sont les grands cépages de la région comme le Riesling et le Grüner Veltliner.

Pour le reste, les vins de glace du Canada s’importent de plus en plus en Europe. De l’autre côté de l’Atlantique, il existe un cépage associé, voire réservé au vin de glace : le Vidal. Certains vignerons ontariens s’y essayent également avec du Chardonnay ou du Cabernet franc.

P.-S.

Point de vente en Belgique : Vins de glace allemands : http://www.langbeen.biz/index2.htm Environ 40 euros la bouteille.