La musique, alliée des seniors !

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"La musique n’active pas une zone, mais plusieurs régions du cerveau", selon Hervé Platel, professeur en neuropsychologie, invité à s’exprimer lors d’un colloque organisé par la Sacem, la société des auteurs et compositeurs en France, équivalant de notre Sabam.

Les travaux de ce dernier combinés à ceux de Bernard Lechevalier, professeur de neurologie et chercheur à l’Inserm, rendent compte d’une cartographie cérébrale de la mémoire musicale, que l’on soit musicien ou pas.

La musique a un impact sur les deux hémisphères cérébraux. De surcroît, on a remarqué chez les musiciens une hypertrophie de l’hippocampe, région du cerveau qui joue un rôle majeur dans la mémoire. C’est également une des rares zones à produire de nouveaux neurones toute la vie.

En agissant sur la motricité et la mémoire, la musique peut être d’un grand secours contre le vieillissement.

"La musique transforme le cerveau en accroissant certaines zones", renchérit Emmanuel Bigand, titulaire de la chaire Musique Cognition Cerveau, dont l’unité de recherche se focalise sur les processus de connaissance : mémoire, raisonnement et langage. Ses travaux mettent en avant la synchronisation des réseaux cérébraux activés par la musique. "Deux zones du cerveau décident de travailler ensemble", ajoute-t-il, "et c’est bénéfique pour toutes les autres activités de l’être humain".

Plusieurs études révèlent que les enfants jouant un instrument voient leurs résultats scolaires s’améliorer. Les jeunes seniors qui démarrent une pratique musicale connaissent un altération cognitive fortement réduite.

C’est ainsi qu’un atelier de chant soumis à des malades d’Alzheimer dans un bourg près de Caen (département de la Manche) a produit des résultats inattendus. Malgré les troubles sérieux de la mémoire, ces patients ont été en mesure de retenir les textes des chansons fraîchement apprises, et de s’en souvenir quatre mois plus tard.

Autre expérience à l’Abbaye de La Prée, dans l’Indre, les malades ont vu leur état s’améliorer grâce à la pratique assidue du chant et du tango ! Certains résidents ne se déplaçant qu’avec un déambulatoire ont tenté sans difficulté apparente quelques pas de danse avec leur professeur de tango.

"Pour les victimes de lésions cérébrales, les malades d’Alzheimer, ceux de Parkinson, la musique est un atout", explique Emmanuel Bigand. Toutefois, "Avant d’utiliser la musique comme un médicament avec un effet dose, il y a encore beaucoup de travail", concède Hervé Platel.