La culture de la vigne, toute une Histoire

La viticulture est une pratique ancestrale, chargĂ©e de tradition. Aujourd’hui, le vin s’est transformĂ© en une industrie. Pour les petits vignerons qui se chargent du processus de production de A Ă Z (vendanges, vinification, mise en bouteille et commercialisation), il est donc devenu difficile de rĂ©sister Ă la concurrence internationale. Par ailleurs, cet Ă©tat des lieux est loin de convaincre les jeunes gĂ©nĂ©rations Ă faire perdurer l’exploitation familiale.
Le vignoble, une histoire de famille
« Après la guerre, le vignoble a Ă©tĂ© expansionniste, et cela a durĂ© jusqu’à il y a quelques annĂ©es. Mais maintenant, ce n’est plus vraiment la mĂŞme donne : la situation du vignoble est moins favorable. Je pense qu’Ă l’avenir, les gens hĂ©siteront Ă orienter les jeunes dans cette voie-lĂ », avance sans Ă©quivoque Guy Rolet, vigneron dans le Jura.
Le vigneron a une soixantaine d’années et fait partie de la deuxième génération de vignerons de sa famille. C’est son père qui a fondé le domaine Rolet à Arbois après la seconde guerre mondiale. Parti de 5 hectares, le vignoble Rolet s’est étendu à 60 hectares en une génération. Guy Rolet et ses 4 frères et sœurs ont repris les affaires de leur père, avec grand succès.
« Notre souci dĂ©sormais, c’est la relève », continue Rolet. « Seul le fils de mon frère Pierre a une affinitĂ© avec la vigne. Mais il est parti en Argentine. LĂ -bas, il dirige une grosse affaire au domaine d’Alta Vista, près de Mendoza ». Les fils et filles de vigneron ont bien compris la duretĂ© du mĂ©tier dans les petites exploitations... Alors, l’une des solutions pour ceux qui veulent tout de mĂŞme faire carrière dans le vin, c’est de partir.
Un renouvellement par les études
Désormais, les jeunes qui se lancent dans le vin sont bien souvent des étudiants en œnologie. Ils ont commencé par la théorie avant de s’attaquer à la pratique.
Evelyne Clairet est nĂ©e dans les CĂ´tes du RhĂ´ne, et son immersion dans cette rĂ©gion viticole est Ă l’origine de ses atomes crochus avec le vin. Elle a fait de la vigne sa vocation, mais l’a mise en pratique dans le Jura.
Avec son mari, elle est propriĂ©taire d’un domaine depuis quinze ans, et avoue qu’être jeune et nouveau dans la profession peut avoir des avantages. « Nous avons fait le choix de nous lancer dans le vin bio, et cela n’aurait pas forcĂ©ment Ă©tĂ© possible si l’un de nous deux avait hĂ©ritĂ© des installations familiales dĂ©jĂ en place. C’est l’avantage de partir de zĂ©ro. »
Une nouvelle gĂ©nĂ©ration qui profite de pouvoir innover, qui se jette Ă l’eau. « Les 20-40 ans ont fait des Ă©tudes d’œnologie, ils se font goĂ»ter leur vin, alors que les anciennes gĂ©nĂ©rations Ă©taient plus cloisonnĂ©es, ils pensaient avoir la recette miracle », analyse Lyonel Leconte, caviste Ă Chalon-sur-SaĂ´ne et ex-meilleur sommelier de France.
Vers une transformation de la profession
« A l’avenir, on aura de grands nĂ©gociants, des coopĂ©ratives et des cultivateurs de vignes. Le processus de A Ă Z, ce que fait le vigneron Ă l’heure actuelle, aller Ă la vigne, transformer son vin, et le commercialiser, ce sera une position de plus en plus difficile », regrette Guy Rolet.
Selon le vigneron, une chose a bouleversĂ© la viticulture : la grande distribution. « Il y a trente ans, les gens devaient aller chercher leurs vins chez le vigneron. Maintenant Ă cinquante mètres au coin de la rue, ils ont des points de vente, oĂą ils peuvent trouver des vins du monde entier. Cette distribution moderne vend de la facilité… Et c’est difficile de lutter contre la facilitĂ©. »


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