Joseph : « Etre pensionné, ce n’est pas une fin en soi. »

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A 59 ans, Joseph profite de sa retraite pour se consacrer à ce qu’il aime. Pensionné de l’enseignement technique et ancien indépendant dans le bâtiment, il a trouvé dans les Compagnons une continuité professionnelle très épanouissante.

Le temps des plaisirs

Quand il travaillait comme enseignant, Joseph a toujours gardé un peu de temps pour ses loisirs. Mais depuis qu’il a pris sa retraite, il se considère comme totalement disponible

« Je suis quelqu’un qui va vers les gens ; ce n’est pas les gens qui viennent vers moi. Si nous voulons rester jeunes, il faut bien ça. En fait, être pensionné, ce n’est pas une fin en soi. Que du contraire. Ça me permet d’avoir du temps libre et de le mettre à disposition des autres, par une autre approche, plus souple. Je ne suis pas restreint à un programme défini. »

Travailler sans inconvénients

A 54 ans, l’enseignant s’engage comme bénévole aux Compagnons. L’idée : continuer à enseigner, mais sans être un prof classique. « Avec les Compagnons, je continue à faire quelque chose que j’aime, sans contraintes administratives et financières. »

La formation qu’il donne est une polyvalence horizontale dans l’entretien des bâtiments. « On accueille des jeunes demandeurs d’emploi entre 20 et 30 ans, de tous les milieux. Certains ont 40 ans, et il faut davantage encourager, car ils ont souvent un long passé de chômeur derrière eux. Ces personnes ont en général un bagage scolaire assez bas. »

Bons contacts avec les jeunes…

Cette activité bénévole permet à Joseph d’établir une relation privilégiée avec ses élèves. « Pas question jouer au prof et de leur apporter de la théorie. Le but est qu’ils mettent un peu la main à tout : réparer une prise, un mètre carré de carrelage… » Le stage de ces jeunes dure 12 semaines. « On ne peut pas tout faire. Le but est de les intéresser à une facette de ce métier, et les inciter à poursuivre une formation longue. Comme plafonneur, carreleur, électricien. Je les aide à trouver leur identité. »

Joseph constate que le contact avec ses élèves passe très bien. « C’est aussi important pour les jeunes, le fait d’être pensionné. Ils ne nous voient pas comme des enseignants, mais plutôt comme des gens qui ont un passé qu’ils mettent à leur disposition. A l’école, ce serait tout à fait différent, voire impossible, car certains y sont allergiques. »

... et au sein de l’équipe

Quatre heures par semaine, Joseph donne des cours d’électricité. Ensuite, il participe à des réunions mensuelles avec ses collègues. « On doit s’accorder sur qui fait quoi, on se concerte pour évaluer le travail, pour voir ce qui peut être amélioré et ce qui est acquis. C’est nécessaire pour que le groupe soit soudé et que les stagiaires sentent qu’on bosse tous ensemble. »

Les critères pour devenir un compagnon sont le passé professionnel et la motivation. « Tout le monde n’est pas capable de tenir des jeunes, on ne s’improvise pas enseignant. On ne demande pas aux formateurs d’être d’anciens enseignants, mais ils doivent pouvoir apporter quelque chose d’eux-mêmes à d’autres. Les personnes de l’équipe sont toutes disponibles, mais finalement elles sont constamment occupées. Je ne crois pas qu’il y en a un de nous qui se mette dans un fauteuil ! »

Son avenir devant lui !

« J’ai besoin de faire ce genre d’activités car la vie ne s’arrête pas à la retraite. La retraite, je la vois comme un commencement. Je suis libre et disponible. » Et Joseph conclut sur un autre aspect : « Quand il y a un arrêt de travail brutal, certains ne le supportent pas. Moi j’ai toujours cultivé mes dadas en dehors de ma profession. Je suis engagé dans de nombreuses activités différentes. C’est très enrichissant. »