Any, mamie conteuse

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Depuis ses 56 ans, Any est mamie conteuse dans les petites classes de la maternelle. Une activité où l’ancienne prof de français donne autant d’elle-même qu’elle reçoit de son environnement.

Après la retraite

Jusqu’à ses 55 ans, Any est enseignante dans le secondaire supérieur. « J’étais alors dans un temps plein, c’était donc pour moi matériellement impossible de faire du bénévolat. » A sa retraite, elle ne se lance pas directement dans le bénévolat. « Mon mari venait de décéder. Pendant un an, j’ai été fort occupée : vider toute la maison, chercher un petit appart à Bruxelles... »

Aujourd’hui, elle est âgée de 56 ans et travaille comme mamie conteuse depuis 1 an. « C’est par le biais d’une amie que j’ai découvert « Abracadabus ». Elle m’a dit "ça va te plaire, tu te replonges dans le milieu enseignant mais de façon différente". Et en effet je trouve ça passionnant de raconter des histoire aux enfants. »

Familiariser avec le français

« L’histoire que je leur raconte est un prétexte pour leur apprendre à écouter et à parler le français. » Les mamies conteuses se rendent dans les écoles de la Communauté française, en classes gardiennes, pour raconter des histoires aux enfants et les familiariser avec la langue française. Pas n’importe lesquelles écoles : « les institutrices nous appellent quand elles se rendent compte que la méconnaissance du français chez les élèves est une raison importante de leurs échecs scolaires. »

L’idée est en fait de donner aux petits un maximum de chances d’entendre parler le français : beaucoup ne le pratiquent pas à la maison. « Dans l’école où je vais, s’il y a 10% des enfants des enfants dont la langue maternelle est le français, c’est beaucoup. » Une fois par semaine, Any fait la lecture à des petites groupes. « Ce sont des groupes de 3-4 enfants entre deux et 4 ans. Je les garde dix à vingt minutes selon leur âge. »

De nombreuses rencontres

Les rencontres, Any ne les compte plus. « D’abord, je suis en contact avec des enfants qui sont tous très différents, d’après leur caractère, leur culture... Et qui changent chaque année. Ensuite, je rencontre les institutrices maternelles. Elles viennent parfois nous demander de prendre tel ou tel enfant en mains, de le pousser à parler car elles constatent chez lui un certain mutisme. »

Par ailleurs Any participe à des réunions régulières au niveau de l’association. L’occasion de rencontrer d’autres bénévoles qui font les mêmes démarches. En tout, plusieurs dizaines de personnes. De plus, l’association fonctionne comme un relais pour les bénévoles, en organisant des conférences, sur la violence à l’école, l’enfant...

Tenté(e) ?

Pas besoin d’être ancien prof pour se lancer dans cette activité de bénévolat « C’est ouvert à tout le monde dans la mesure où on aime les enfants, qu’on a envie d’être en contact avec eux et de leur lire des histoires. Quelqu’un qui n’aime pas le monde de l’école n’a évidemment pas sa place à Abracadabus. » Ce qu’Any emmène dans les écoles ? « Il ne faut rien, juste de l’empathie vis-à-vis des enfants. »

Les deux pieds dans la vie

« Aujourd’hui, j’ai du temps libre et j’apprécie de faire quelque chose dans lequel je me sens à l’aise et que je crois faire plus ou moins bien ». Any reconnaît que ça lui permet de toutes façons de rester en contact avec le monde et de ne pas perdre de vue certains aspects de la société.

« Je garde une prise sur la vie. L’impression de servir à quelque chose n’est pas déplaisante et puis je rencontre des gens. Et je ris beaucoup : les réparties des enfants sont souvent très amusantes. Je me rends utile et ça m’apporte quelque chose : ça va dans les deux sens. »

P.-S.

En savoir plus : Asbl Abracadabus 38 rue Saint Christophe - 1000 Bruxelles Tél et rép. : 02/513.75.35 Permanence : mardi de 9h à 16 h, jeudi de 9 à 12h Courriel : abracadabus@skynet.be Site Internet http://abracadabus.be/mission/