Accueillir son parent dépendant chez soi : une décision à ne pas prendre à la légère

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Lorsqu’un parent vieillissant perd de son autonomie, on peut en arriver à envisager de l’accueillir chez soi. Si cette éventualité est empreinte de bienveillance et d’affectivité, elle ne doit jamais être prise à la légère.

Avant d’accueillir un parent dépendant à la maison, il est important de réfléchir aux conséquences possibles, afin de prendre cette décision en toute connaissance de cause... ou de réfléchir à une autre solution.

L’équilibre

S’occuper de son parent dépendant va prendre du temps. Il est cependant important de ne pas sacrifier votre vie personnelle. En effet, sur du moyen ou du long terme, la frustration risquerait de s’installer, provoquant tensions et conflits.

Établissez par exemple un planning « occupations professionnelles – loisirs – famille » afin d’évaluer le temps dont vous disposez.

L’équilibre est difficile ? Il est alors nécessaire de puiser dans les solutions annexes (aides extérieures, logement alternatif...).

L’intimité

Il est primordial de pouvoir préserver l’intimité et le respect de chacun : vous, votre famille et votre parent. Même dépendant il a besoin de sa bulle...

Réfléchissez donc à la possibilité de maintenir cette intimité, autant dans l’organisation du temps que de l’espace. Aurez-vous des moments entre vous ? Aura-t-il sa chambre à lui ?

Être solide

Ce qui au départ était une relation sentimentale peut très rapidement virer au cauchemar. Avant de prendre ce risque, évaluez vos capacités, qu’elles soient nerveuses, physiques ou financières...

Les aides sont possibles, mais mieux vaut prévenir que guérir : renseignez-vous dès le départ. Vous dire « ça n’est pas confortable mais on va faire avec » est la porte ouverte à toutes les dérives... Pour préserver cette relation, il est essentiel de penser à chaque détail, même si cela peut sembler un peu trop terre à terre... Dans le conflit, les émotions sont si présentes qu’il devient difficile de trouver des solutions acceptables pour tous.

Faire appel aux autres

Si une seule personne porte le poids de l’accueil, cela va très rapidement s’avérer trop lourd. Avant de prendre cette décision, discutez-en en famille, afin que tous soient porteurs de ce projet.

En outre, si l’équilibre personnel-professionnel-familial est difficile, il est possible de faire appel à des aides extérieures :

- De la famille, des voisins, des amis peuvent donner un coup de main ponctuellement ou régulièrement, pour jouer les taxis ou venir tenir compagnie par exemple.
- Des professionnels, infirmiers, aides familiales, accompagnants... peuvent vous décharger d’un poids ou prendre le relais pour des actes que vous ne souhaitez pas assumer vous-même (comme les soins d’hygiène par exemple), quelle qu’en soit la raison.

Les finances pourraient également être un frein à cet accueil. Il existe des aides qui peuvent vous soulager : allocations pour l’aide aux personnes âgées, Grapa...

Être conscient que le conflit est inévitable

A moins d’avoir des liens très forts et une communication positive et sereine entre vous, accueillir son parent n’est jamais facile. Et cela, pour la raison que cela va complètement modifier votre structure de vie, mais également parce qu’il est très difficile psychologiquement pour un parent d’accepter sa perte d’autonomie et, en outre, devenir dépendant de ses propres enfants.

Vivre ensemble correspond finalement souvent à un moment de vérité, c’est là que va se révéler la véritable relation vécue entre le parent et son enfant. Des conflits et des tensions sous-jacents peuvent très bien remonter à la surface sans raison apparente.

Il ne faut pas oublier que cette situation renvoie au parent la réalité de sa vieillesse et de sa perte d’autonomie. Il est en outre aux premières loges pour admirer votre jeunesse, votre vitalité, votre énergie, votre beauté...

Cela peut bien entendu le réjouir, l’aider à positiver, voire le booster. Mais il faut avouer que, le deuil d’une autonomie n’aidant pas en ce sens, les réactions positives sont relativement rares.

Chez certains cela va prendre la forme d’une déprime, voire d’une dépression et ils vont se replier sur eux-mêmes, d’autres éprouveront de la jalousie et en arriveront même parfois à vouloir faire culpabiliser « les jeunes »... Ceux-là n’auront pas préparé leur vieillesse, que ce soit consciemment ou non, d’un point de vue financier, ou psychologique... Et cette culpabilisation pourra amener les enfants à sacrifier l’harmonie familiale ou leur harmonie personnelle… ce qui au final n’est bénéfique pour personne : ni la famille, ni le parent !

Il est important de parler énormément avant de prendre cette décision, que ce soit avec sa famille, mais également avec le parent lorsque c’est encore possible, afin qu’il soit lui aussi impliqué entièrement dans ce projet.

Préserver ses capacités et ce qui lui reste d’autonomie

Si vous envisagez d’accueillir votre parent, c’est qu’il n’est plus capable de s’assumer seul. Cependant, veillez à être conscient des capacités qu’il a encore, et incitez-le à les préserver. Faire tout à sa place ne va que l’encourager à se laisser aller et à devenir encore plus dépendant. Ce qui n’est positif ni pour vous, ni pour lui...

Des activités pour personnes vieillissantes existent, des rencontres entre amis... Encouragez-le. L’activité et les relations sociales maintiennent en forme !

Vous hésitez. Quelles sont les alternatives ?

Si en France l’accueil au domicile des enfants est assez fréquent (une personne de plus de 60 ans sur 4 vivrait chez ses enfants), en Belgique nous avons plus tendance au maintien à domicile le plus longtemps possible. L’INAMI, en ce sens, a d’ailleurs cherché à développer, depuis maintenant un an, toutes les aides permettant à la personne âgée de rester chez elle.

Ainsi, il est possible de faire appel à des services d’aides et soins à domicile (infirmière, aides familiales, aidants...).

Des projets pilotes ont également vu le jour en 2009 et seront suivis par des nouveaux projets en 2010 en matière de synergies, d’offres de soins ou encore de logements alternatifs...).

En cas d’urgence, de transition ou pour une convalescence, il est possible de faire appel aux centres de jour ou centres de soins journaliers. Ceux-ci proposent des soins, des activités et un suivi particulier en journée, et ce pour une période de maximum trois mois.

Enfin, les maisons de repos, ou maisons de repos et de soins ne correspondent pas à l’image que nous avons parfois d’elles. Certaines sont à taille humaine et proposent un accueil chaleureux, d’autres fournissent des petits appartements individualisés et supervisés... Renseignez-vous pour connaître l’offre d’accueil, vous pourrez trouver ce qui correspond le mieux à votre demande.

Voir l’article « Infantilisé en maison de repos ? Pas avec la philosophie de l’Humanitude ! ».

P.-S.

Les aides financières : http://www.belgium.be/fr/famille/ai...

Les aides et soins à domicile : http://www.belgium.be/fr/famille/ai...

Les maisons de repos et de soin : http://www.belgium.be/fr/famille/ai...